Paroles de Soignants : Camille Jestin, Ergothérapeute
J'ai rencontré Edith lors de ma prise de poste dans l'EARPS du CHU de Brest. Quand je lui ai proposé un entretien sur sa profession d'Ergothrérapeute, elle a immédiatement accepté et m'a même suggéré de croiser son regard avec celui de Camille, une collègue Ergothérapeute elle aussi.
Bonjour Camille ! J'espère que vous allez bien ! Pouvez-vous nous dire ce qui vous a conduit à exercer le métier d'Ergothérapeute ?
Depuis très jeune j’ai toujours été attiré par les métiers du soin et notamment de la rééducation. Au fur et à mesure de mes études, ce sentiment s’est confirmé et j’ai été amené à faire des stages de découverte, notamment auprès d’ergothérapeutes. Je trouvais fascinant de pouvoir aider des populations très variées par le biais de prises en soin significatives en ergothérapie.
L’intérêt principal des ergothérapeutes à favoriser, permettre ou encore maintenir la participation des personnes dans leurs occupations ainsi que promouvoir la santé et la qualité de vie sont des missions essentielles à prendre en compte et, aussi, très importantes à mes yeux.
À quels problèmes faites-vous face au quotidien ?
Travaillant sur deux unités distinctes, cela peut être difficile de s’adapter et de pouvoir s’impliquer toujours pleinement dans les prises en soin. Cela peut s’avérer très frustrant de ne pas pouvoir développer ma pratique à 100% par manque de temps !
Quels sont les principes éthiques qui guident votre pratique ?
L’importance de prendre en considération toutes les dimensions de la personne (affective, cognitive, physique, sociale, psychique, environnementale) et de soutenir l’accomplissement de cette dernière dans ses envies, projets, besoins… font partie des principes éthiques de ma pratique.
Il est aussi essentiel que chaque personne se sente respectée et non contrainte dans ses choix de vie et la réalisation de ses activités. L’empathie a aussi une grande importance dans mon rapport aux personnes auprès desquelles j’interviens.
Comment voyez-vous l'avenir dans la santé mentale ?
Je suis souvent mitigée en ce qui concerne l’avenir de la santé mentale.
J’ai espoir dans le développement des pratiques de réhabilitation psychosociale et des principes de rétablissement en santé mentale, dans le développement de soins adaptés et personnalisés selon la volonté des personnes concernées. Les enrichissements issus d’interventions de divers professionnels de santé, dans les parcours de vie des personnes, sont essentiels à prendre en compte dans nos accompagnements.
En revanche, face aux manques de moyens professionnels et financiers il peut être difficile se projeter positivement concernant l’avenir de la santé mentale. Le manque de visibilité et de reconnaissance de ma profession (et pas que malheureusement…) a aussi tendance à fortement m’impacter. Est-ce que vous avez une anecdote amusante à partager ou une expérience particulièrement gratifiante vécue récemment ?
Réussir à captiver un usager et le faire participer activement dans un atelier qui lui a permis d’enrichir sa connaissance de lui-même, de son fonctionnement… Toutes ses paroles étaient riches d’apprentissages pour tous les participants présents.
Quel.s conseil.s donneriez-vous aux étudiant.e.s intéressé.e.s pour exercer votre profession ?
C’est un métier plein de richesses et de pratiques différentes ! Il y a tellement de modalités d’exercices qu’il est très difficile de s’ennuyer. Chaque ergothérapeute est différent, c’est aussi la spécificité de ce métier.
J’essaye de porter un grand intérêt à continuer de se remettre en question dans ma pratique, notamment pour adapter les prises en soin et quelles répondent au mieux aux besoins de la personne.
Merci Camille d'avoir pris le temps de répondre à nos questions ! A bientôt ! 🤓